Une semaine depuis les attentats et on en a lu des choses... on en a vu passer des jolis textes, des grandes idées, des souhaits de résistance et de "on-ne-va-pas-les-laisser-gagner"... et c'est tant mieux...
On a vu aussi d'autres choses, moins sympas, des injures, des regards mauvais...
J'ai pas l'habitude de parler de moi, mais ici, en Alsace, on en a un paquet des qui voudraient bien que "tous les étrangers retournent dans leur pays"...
Ca n'a pas arrangé les choses, le coup de "la filière belge"... mon mari est belge et à son boulot, il a eu droit par deux fois au salut nazi...
Bon, y'a des cons et y'a des très très cons... mais ça m'a fait cogiter...
Comment peut-on en arriver là, à haïr tellement l'autre qu'on puisse le tuer (comme les terroristes), ou l'insulter, ou lui faire du mal... ?
Et puis je regarde mes petits élèves... ils sont tout au début, ils démarrent la vie en collectivité... et déjà, c'est pas simple...
Oui, il faut accepter de prêter, de partager, d'attendre son tour, de ne pas pouvoir faire tout ce qu'on veut...
Non, on n'est pas tous pareils, on n'avance pas tous à la même vitesse, et y'en a même qui ne parlent pas bien français et il faut quand même les intégrer...
Oui, il faut les rendre curieux, nos élèves, et leur laisser le temps, et les écouter, et être bienveillant (bon, ce mot-là commence à m'horripiler mais..; voilà...)...
Non, il ne faut pas tout leur passer, il faut poser des limites et leur apprendre à échanger dans le respect, l'écoute, la bienveillance (argh, deux fois dans le même article...).
J'ai la faiblesse de penser que c'est par l'éducation qu'on arrangera les choses, qu'on améliorera le monde... et pas seulement l'éducation dans le sens "apprendre des choses, à lire et à écrire"... parce que là aussi, effectivement, y'a encore du boulot pour que le monde entier y ait accès...
Je pense à l'éducation à l'autre, le "vivre ensemble" (pas seulement comme une jolie formule du ministre), le respect de l'autre quel qu'il soit...